À l’aube d’un rendez-vous capital ce samedi 2 mai sur le terrain de Folschviller, le MOC Handball entre dans le money time de sa saison. Porté par une dynamique très positive et un collectif plus soudé que jamais, le club alsacien s’apprête à disputer un match aux allures de tournant face à un rival direct
Lors du match aller, les Bleus s’étaient inclinés de peu (31–33) face au défi physique de Folschviller. Malgré une belle remontée et le soutien d’un gymnase Atalante en feu, un manque de réussite au tir avait empêché nos bleus de s’imposer. Cette défaite frustrante avait laissé un goût amer aux joueurs, qui comptent bien prendre leur revanche.
Entre ambition, détermination et attachement profond au public, André Hartheiser nous parle de l’état d’esprit du groupe avant ce déplacement.

Comment te sens-tu à l’approche de cette fin de saison, aussi bien physiquement que mentalement ?
On entre clairement dans le money time de la saison, donc forcément, les corps commencent à être marqués par l’enchaînement des matchs, des entraînements et de toute l’intensité accumulée depuis plusieurs mois. À ce stade, il y a forcément de la fatigue, aussi bien physique que mentale, parce qu’on sait que chaque détail peut compter. Mais personnellement, je me sens plutôt bien. Je pense qu’à ce moment-là de l’année, c’est surtout une question de gestion, savoir écouter son corps, réussir à garder de la fraîcheur mentale et rester concentré sur les objectifs. C’est presque une course à celui qui gère le mieux cette période. Et dans notre cas, c’est d’autant plus important qu’on sent qu’il peut vraiment se passer quelque chose d’intéressant sur cette fin de saison.
L’équipe reste sur plusieurs résultats très positifs. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette dernière ligne droite ?
On l’aborde avec énormément de détermination et beaucoup d’ambition. C’est vrai qu’au cours de la saison, on a parfois eu le sentiment de laisser filer certains matchs qu’on aurait peut-être dû mieux négocier. Il y a donc forcément un peu de frustration par moments, parce qu’on sait qu’on aurait pu être encore mieux placés. Mais aujourd’hui, cette frustration, on essaie d’en faire une force. On a conscience que cette saison peut encore nous offrir quelque chose de très beau, donc on a décidé de jouer notre chance à fond. On est dans une dynamique positive, on sent que le groupe progresse, et surtout on a envie de ne rien regretter.
Le début de saison a pourtant demandé du temps. Quel a été, selon toi, le vrai déclic ?
Le principal déclic, c’est tout simplement le temps. Quand tu arrives avec beaucoup de nouveaux joueurs, un collectif largement renouvelé et de nouveaux liens à créer, tu ne peux pas espérer que tout fonctionne immédiatement. Même avec énormément de talent, il faut construire des repères, créer de la confiance, apprendre à se connaître dans les moments forts comme dans les moments plus compliqués. En début de saison, on était encore dans cette phase de construction. Aujourd’hui, après plusieurs mois passés ensemble, on se connaît bien mieux, on comprend mieux nos forces et on sait davantage comment fonctionner collectivement. Les affinités se sont développées sur le terrain, mais aussi en dehors, et c’est souvent ce genre de détail qui fait grandir une équipe. Maintenant, ça se ressent beaucoup plus naturellement dans nos performances.

La cohésion revient souvent dans les discours du groupe. Est-ce réellement votre plus grande force ?
Oui, clairement. Ce qu’on a vécu la saison dernière a créé quelque chose de fort. Réaliser une saison aussi marquante, notamment à domicile, ça forge forcément des liens particuliers. Ça crée des souvenirs, de la confiance et une vraie identité commune. Cette année, le niveau s’est encore élevé, les matchs sont souvent beaucoup plus serrés, et on voit bien qu’aucune rencontre n’est simple. Dans ce contexte, avoir un groupe uni, capable de rester solidaire dans les moments compliqués, c’est essentiel. Comme une grande majorité de l’effectif est restée, on a pu conserver cette base et essayer de transmettre cet état d’esprit aux nouveaux. C’est ce qui nous permet aujourd’hui de rester solides et de continuer à avancer ensemble.
Comment s’est déroulée votre préparation cette semaine avant ce choc face à Folschviller ?
On a préparé cette semaine avec beaucoup de sérieux, comme chaque rendez-vous important, mais c’est vrai que celui-ci a une saveur particulière. C’est typiquement le genre de match qu’on coche dans le calendrier. L’intensité a été là, avec le même cadre de travail que d’habitude, mais on sent naturellement une concentration supplémentaire. On sait que l’enjeu est important, déjà sur le plan comptable, parce qu’ils sont juste devant nous, mais aussi parce qu’il y a une forme de rivalité qui s’est construite depuis la saison dernière. C’est donc une préparation sérieuse, appliquée, avec beaucoup de détermination.
À cette période, adaptez vous aussi la gestion physique et mentale ?
Oui, forcément. À ce moment de la saison, le staff joue un rôle très important. Il y a des ajustements dans la charge de travail, notamment sur certains volumes, en particulier en musculation, pour permettre aux organismes de tenir sur la durée. En parallèle, tout l’accent est mis sur la récupération, avec davantage de soins, un suivi renforcé par les kinés et le staff médical. L’objectif, ce n’est pas de baisser en intensité, parce qu’on doit rester compétitifs, mais plutôt d’optimiser chaque détail pour être performants au bon moment. Ce sont parfois de petits ajustements, mais dans cette période, ils peuvent faire une vraie différence.

Quel regard portes-tu sur Folschviller ?
C’est une très belle équipe, avec de grosses individualités et beaucoup de qualités. Comme nous, c’est un promu, donc il y a forcément des similitudes dans les parcours, mais aussi une rivalité naturelle qui s’est installée, notamment avec ce qu’on a vécu la saison dernière. On sait que chez eux, ce sera un gros combat, dans une ambiance particulière. C’est exactement le genre de match qui se joue aussi beaucoup sur l’engagement et la capacité à répondre présent mentalement.
Quelles seront les clés pour aller chercher un résultat ce week-end ?
Je pense qu’il faudra avant tout rester fidèles à ce qui fait notre force depuis le début, nos valeurs collectives. La sérénité sera essentielle, parce que dans ce genre de rendez-vous, il peut vite y avoir beaucoup d’émotions. Il faudra aussi s’appuyer sur notre dynamique actuelle, notre confiance, mais surtout aller là-bas avec énormément de détermination. Être rigoureux dans notre projet de jeu, concentrés du début à la fin et prêts à livrer un vrai combat.
Les supporters parlent souvent de ta combativité. Comment perçois-tu cette image ?
C’est forcément quelque chose qui me touche. Quand je suis arrivé ici, j’étais dans un contexte particulier, aussi bien personnellement que sportivement, et j’ai découvert un environnement extrêmement fort, humainement comme sportivement. Ça m’a beaucoup apporté. J’ai toujours été un joueur qui s’exprime beaucoup, qui joue avec le cœur et qui se nourrit énormément de l’énergie du public. J’aime ressentir cette connexion avec les supporters, partager les émotions avec eux. Ce qui est sûr, c’est que je veux toujours transmettre un maximum d’énergie, de combativité et d’envie au service du collectif. Si c’est ce que les gens ressentent, alors c’est très positif.
Un dernier mot pour les supporters avant ce rendez-vous ?
J’ai simplement envie de leur dire de rester avec nous jusqu’au bout. Cette première saison à ce niveau peut vraiment nous réserver quelque chose de spécial, et on sent qu’il y a une vraie dynamique autour de cette équipe. Leur soutien compte énormément, que ce soit à domicile ou à l’extérieur, et on fera tout pour continuer à leur donner des raisons d’y croire. Il se passe quelque chose d’intéressant dans cette fin de saison, et on a envie de le vivre tous ensemble



